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Affaire Jérôme Cahuzac : une stratégie de l’intégrité basée sur une solide gestion de crise

Posted on December 18 2012 by Julie Levasseur

Affaire Jérôme Cahuzac : une stratégie de l’intégrité basée sur une solide gestion de crise
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Le site d’investigation Mediapart continue de divulguer des informations au sujet de Jérôme Cahuzac. Selon les spécialistes du droit fiscal, le ministre du budget disposerait d’un moyen simple de procéder à un démenti. Mais il ne souhaite pas jouer le jeu de ses détracteurs en se justifiant d’accusations selon lui infondées.

Il est ministre du budget et chargé de lutter contre l’évasion fiscale. Les déclarations de Mediapart début décembre l’accusant de détenir un compte en suisse sont plutôt malvenues dans sa situation. Pour le moment, le site n’est pas vraiment parvenu à délivrer des éléments probants étayant ces accusations. Il y a bien cette conversation téléphonique remontant à l’année 2000 dans laquelle on entend un homme dire que « ça (le) fait chier d’avoir un compte ouvert là-bas », car l’UBS n’est « pas forcément la plus planquée des banques », rendue publique sur le site d’Edwy Plenel. Si les journalistes affirment qu’il s’agit de la voix de Jérôme Cahuzac, il n’existe aucune méthode scientifique permettant de l’identifier et l’intéressé dément formellement.

Selon les fiscalistes, il serait facile pour le ministre de procéder à un démenti. Les banques sont en effet soumises au « secret bancaire », mais ont également un « devoir de renseignement » notamment valable si le client lui-même demande à ce que ses informations soient divulguées. Jérôme Cahuzac pourrait simplement demander à ce que la banque suisse UBS, mentionnée par le site Mediapart, lève le secret bancaire à son sujet. Mais il ne semble pas vouloir effectuer une telle demande.

Les plus mauvaises langues diront que c’est justement parce que le ministre est effectivement fraudeur qu’il ne souhaite pas avoir recours à ce moyen. Il fournirait alors à tout le monde la preuve qu’il manque. Il existe une explication moins évidente, mais crédible. Il est aussi possible que le ministre, par ce refus, rappelle à tous l’éthique fondamentale de la justice. Il ne souhaite tout simplement pas se justifier d’une fraude qu’il n’a pas commise car il estime que la présomption d’innocence doit être respectée et que c’est à l’accusation de fournir les preuves de sa culpabilité.

Si c’est le cas, c’est une position assez noble mais difficilement tenable. Elle doit reposer sur une communication irréprochable. Sur ce point, le ministre semble parfaitement maîtriser les fondamentaux de la communication de crise dont des cabinets tels que Vae Solis ou comcrise, pour ne citer qu’eux, ont fait une spécialité. Il a réagi immédiatement aux accusations en discréditant le travail de Rémy Garnier, inspecteur des impôts et l’un des premiers à mettre en doute la blancheur fiscale du ministre du budget. Il a pu ainsi garder le contrôle de l’affaire et éviter tout emballement.

En réalité, il a fait appel aux services d’une experte en communication de crise, Marion Bougeard, ancienne directrice associée d'Euro-RSCG, qui avait déjà travaillé pour Liliane Bettencourt quand celle-ci était accusée de fraude fiscale suite à des enregistrements réalisés par son majordome. Ces enregistrements avaient également été rendus publics par le journal Mediapart. C’est grâce au travail de cette spécialiste que le dossier sensible de Jérôme Cahuzac n’a pas encore dégénéré en crise.

L’actualité judiciaire à venir nous dira si oui ou non cette communication reposait sur une véritable innocence, puisque le ministre a décidé de porter plainte.

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